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Tout comprendre sur l’affaire Lactalis

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Le 2 décembre 2017, le monde apprenait avec consternation une affaire d’ordre alimentaire de grande importance. Il a été retrouvé dans des laits pour bébés, des traces de salmonelles. Très vite, cette découverte que l’on qualifiera d’affaire Lactalis aura des répercussions énormes sur l’entreprise et la région de fabrication du lait.

De premières mesures sans grande efficacité

Lactalis est le leader mondial du lait infantile. Depuis peu empêtrée dans un scandale sanitaire sans précédent, la firme a cependant au début tenté de limiter les dégâts, mais sans résultats. En effet, après un constat de salmonelle dans des laits pour nourrissons, Lactalis a décidé de retirer du marché 12 lots de lait. Cette découverte sera corroborée par celle de l’Institut Pasteur qui exposera le cas de 8 jeunes enfants atteints de la salmonellose en 8 jours. C’est la première alerte.

Cette première information poussera la protection des populations à se saisir du dossier. Après avoir identifié l’origine de l’infection, précisément dans la ville de Mayenne, Lactalis annonce la fermeture de son usine pour désinfection. Cette mesure entrainera le chômage technique de plusieurs employés.

Décisions gouvernementales

Face à l’ampleur de la situation, l’État s’en mêle et ordonne le retrait massif des produits Lactalis le 10 décembre. Cette décision se justifie dans la déclaration du ministre de l’Économie qui estimait que les dispositions prises par l’entreprise n’étaient pas suffisantes pour supprimer le risque de contamination. Dès lors, les laits Picot, Lémiel et Milumel seront retirés du marché. Toute exportation de ces produits sera aussi suspendue.

Premières offensives des consommateurs

Ces retraits massifs des produits du groupe Lactalis produiront bien entendu la consternation parmi les consommateurs. Les parents en particulier voudront des comptes. C’est d’ailleurs pourquoi certains d’entre eux porteront plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger. Une pétition a même été signée par 100 000 personnes. Ces signataires réclament une meilleure transparence sur la production des laits infantiles. La constitution d’une association des victimes a également eu un certain impact. En effet, des perquisitions ont été lancées sur 5 sites de production de lait du groupe. De ce fait, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour blessures involontaires, mise en danger de la vie d’autrui et tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine.

Réaction du président du groupe Lactalis

Huitième fortune de France d’après le magazine américain Forbes, Emmanuel Besnier est à la tête d’un empire familial. Connu pour sa discrétion et son goût du secret, le numéro 1 de la firme a toutefois dû réagir aux commentaires qui écornaient l’image publique de son entreprise. En effet, face aux accusations du Canard enchainé qui affirmait que Lactalis aurait caché les tests sur la bactérie, le PDG de Lactalis dira dans son entretien au JDD que rien ne prouvait que les produits Lactalis avaient été touchés. Il a soutenu qu’avec l’accord du Gouvernement tous les produits Lactalis en cause seront retirés. Quatre-vingt-trois pays sont concernés par ce retrait. Après avoir présenté ses excuses aux familles victimes, il a déclaré que ces dernières seront indemnisées.

Complicité des grandes distributions

Elles ont eu leur part de responsabilité dans ce scandale alimentaire. En réalité, de grandes enseignes ont reconnu avoir continué à vendre les produits de la firme malgré le rappel d’un risque de contamination. Leclerc a par exemple annoncé que 984 produits Lactalis ont ainsi échappé à la procédure de retrait. Les groupes Auchan et Carrefour sont aussi concernés par ces dysfonctionnements et ont d’ores et déjà décidé de prendre toutes les mesures nécessaires pour régler ce problème.

Des solutions futures

L’affaire Lactalis met en cause une nouvelle fois la responsabilité de l’État et de l’industrie agroalimentaire. Ce n’est pas la première fois qu’un tel scandale se produit. Nous avons encore en mémoire :
  • le scandale alimentaire relatif aux œufs contaminés au fipronil pendant l’été 2017 ;
  • l’affaire de la viande de cheval en 2013 ;
  • le retrait des tartes d’Ikea pour contamination fécale.

Ces souvenirs que nous exhumons aujourd’hui doivent servir de réminiscence aux différentes autorités et aux industriels du secteur agroalimentaire.

Ces scandales sanitaires que l’on peut qualifier de fraudes dans certains cas sont donc les raisons pour lesquelles le ministre de l’Agriculture a affirmé que l’État devra être obligatoirement informé de tous les processus de contrôle alimentaire. Les laboratoires devront aussi éclairer l’État sur les résultats défavorables concernant les produits. D’ailleurs, le Conseil National de l’Alimentation (CNA) a été saisi pour apporter des propositions d’amélioration afin que ces désagréments ne se reproduisent plus à l’avenir.

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